samedi 18 mars 2017

Encore parler d'amour

“L’idéal de l’entreprise amoureuse est la liberté aliénée : chacun veut que la liberté de l’autre s’aliène.”
Disait Sartre. Bien que je n'ai jamais été d'accord avec cette affirmation, c'est une idée qui me fascine.

Si tu m'aimes vraiment alors tu m'acceptes entièrement comme je suis.
Si tu m'aimes entièrement tu ne cherches pas à me changer.

C'est paradoxal un peu ces phrases, tu ne trouves pas ?
D'un côté il y a la volonté de se faire accepter entièrement tel qu'on est. Mais, si l'autre ne nous accepte pas entièrement, alors c'est nous qui ne l'acceptons pas tel.le qu'iel est (c'est à dire, une personne qui n'accepte pas tout de nous).
D'un côté il y a l'exigence qu'on ne cherche pas à nous changer. Mais si l'autre veut nous changer, alors nous voulons le changer aussi pour qu'il cesse de vouloir nous changer.

C'est de l'amour au conditionnel. Est ce que l'amour est voué à être conditionnel ?
On ne peut évidemment pas tout accepter d'une personne qu'on aime, sauf à renoncer à sa propre liberté. Mais pourtant, on est bien obligé d'accepter quand on ne peut pas changer l'autre et qu'on veut continuer à l'aimer.


Je ne suis pas sûre de me faire bien comprendre. C'est complexe tout ça.


Est ce que l'amour au fond ce n'est pas effectivement l'affrontement de deux entités avec chacune leur liberté, leurs besoins, leurs désirs, qui coïncident parfois mais divergent aussi ? Autrement dit, des compromis, mais aussi un rapport de force ? Comme des aimants qui peuvent s'attirer fortement, mais si l'un ou l'autre se tourne un peu, alors les rapprocher tient de la volonté et de la force ? L'amour, violent, calme, les deux ?


Bref, au départ, je voulais te parler de Jane Eyre, ce fameux roman très anglais de Charlotte Brontë.
Bien que ce roman soit divisé en trois parties (l'enfance, l'amour, la fuite)(si vous ne voyez pas de quoi je parle je vous conseille soit de lire le livre, soit de chercher un résumé), ce qui marque probablement le plus les lecteurices et qui ressort dans la majorité des adaptations télévisuelles, c'est l'histoire d'amour entre Jane et Mr. Rochester.
Et moi, ce qui m'a marqué, c'est justement ce rapport de force entre les deux.

"Jamais, dit-il, en grinçant des dents, jamais il n'y eut créature plus fragile et indomptable. Ce n'est qu'un roseau dans ma main ! (Et il me secoua de toute la force de ses bras.) Je pourrais la tordre entre le pouce et l'index ; mais à quoi cela me servirait-il de la ployer, de la briser, de la broyer ? Voyer ces yeux, voyez l'âme résolue, farouche, libre, qui s'y reflète, qui me défie, non seulement avec courage, mais avec un amer triomphe. Quoi que je puisse faire de sa cage, je ne puis atteindre ce sauvage et merveilleux esprit ! Si je brise, si je détruis la légère prison, mon outrage ne fera que libérer le captif. Je pourrais conquérir la demeure, mais son hôte s'évaderait vers le ciel avant même que je fusse en possession de son abri d'argile. Et c'est toi, esprit, avec ta volonté, ton énergie, ta vertu, que je veux, et non pas seulement ta fragile enveloppe. Tu pourrais de toi-même venir d'un vol léger te blottir contre mon cœur, si tu le voulais ! Saisi malgré toi, tu échapperais à mes embrassements, tu t'évanouirais, telle une essence, avant que je n'aie respiré ton parfum. Oh ! Viens, Jane, viens !"

Je crois que finalement, quels que soient les mots que j'utilise, c'est cette citation qui résume le mieux l'idée dont je veux parler.

Jane Et Mr. Rochester ce sont tous deux des êtres farouches, empreints d'une détermination implacable.
Ils ne cherchent pas à se plaire. Jane n'hésite pas à dire à Mr. Rochester qu'il n'est pas beau, qu'elle désapprouve son comportement avec les enfants, qu'il n'agit pas toujours bien. Mr. Rochester n'hésite pas à donner des ordres à Jane et à avoir des exigences envers elle.
Jane, elle est dans une soumission libre. Dis comme ça, ça n'a pas de sens, mais je ne trouve pas mieux. Elle plie sous la force de Mr. Rochester sans jamais céder.
De même, Mr. Rochester accepte de tempérer ses actions pour Jane bien qu'il garde son caractère passionnel et fougueux.

C'est comme quand on aime quelqu'un, et qu'il y a une part de son caractère qu'on déteste. Et pourtant on n'arrive pas à fondamentalement souhaiter que cette personne change, pas même cette partie détestable de son caractère, car ça fait partie d'elle, et c'est aussi parce qu'elle est comme ça qu'on l'aime.

Je ne trouve pas les bons mots pour en parler. Je veux savoir comment les autres perçoivent ça. Comment toi lecteurice tu le perçois.

Bon, après, évidemment : c'est le stéréoptype de la femme douce et de l'homme fort, de l'amour fou romantique unique que rien ne peut ébranler. Mais ça date du XIXe siècle, donc j'imagine que ça ne doit pas être interprété de la même manière que si ça datait du XXIe siècle. Et tout en véhiculant certains stéréotypes, ça en casse d'autres, donc je pardonne.


(Dans la réalité, à la fin de ma lecture, je n'ai pas aimé Jane Eyre. Je ne l'ai pas trouvé si bien écrit. Et puis je me rends compte au fur et à mesure qu'il m'a marqué et que les personnages sont tout aussi détestables que fascinant et attachants.)

samedi 11 mars 2017

Do you love life ?

Il y a peu j'ai appris qu'une fille qui avait été dans la même classe que moi était morte, par suicide.
Et je n'ai pas réussi à être triste.
J'étais juste contente pour elle qu'elle ait réussi à se débarrasser de ce monde dont elle ne voulait visiblement plus.

Quand une personne amie me dit qu'elle va mal, je n'arrive plus à répéter que "ça va aller" parce que c'est rassurant. J'aurais l'impression de mentir. Alors je dis que ça va mal, et que ça va continuer à aller mal, et qu'il faut trouver un moyen de le supporter.


Je m'auto-choque.


Est ce que c'est ça être en dépression ? Est ce que c'est ça ou pas ?
Passer des après-midis entières à pleurer,
Vouloir dormir toute la journée,
Dormir presque toute la journée,
Ne plus dormir la nuit,
Avoir envie de se couper la peau même dans les moments où on est calme,
Avoir des envies suicidaires même dans les moments où on est calme,
Ne vouloir avaler rien d'autre que des choses nocives,
Vouloir disparaître plus que quoi que ce soit,
Se répéter en boucle "je n'existe pas",
Rester allongé à sentir le temps qui passe sur notre échine,
Avoir peur sans cesse de tout,
Ne plus réussir à faire ce qu'on aime,
Perdre la volonté d'être heureux,
Ne vivre que par défaut,
Repousser tout à plus tard,
Être triste,
Penser que notre existence dérange,
Culpabiliser de ressentir tout ça,
Est ce que c'est ça ?


Voilà c'est un article court et inutile en plus d'être glauque.
Est ce que j'ai été dépressive ou juste déprimée ? Je ne saurais le dire mais ma vision du monde a changé. Et si encore ça n'affectait que mon bonheur, pourquoi pas, mais là où ça me chagrine, c'est que ça change mon rapport aux autres et ma perception du monde.

T'en penses quoi toi ?

dimanche 26 février 2017

La peur des autres

C'est la troisième fois que je recommence cet article.
Je veux vraiment parler de ça.
Je peux y arriver.

Je suis phobique sociale.

Et des tas de gens qui ne comprennent pas ce que ça signifie. Alors voilà quelques exemples si ça peut aider à comprendre. Pour qu'on arrête enfin de dire que "c'est juste un peu de timidité, force toi un peu et tout ira bien".
Parce que non en fait ça ne marche pas comme ça.


Concrètement être phobique sociale dans ma vie ça ressemble à quoi ?


Ça ressemble à être incapable de donner une pièce à un.e SDF, pas par manque d'argent, mais par peur d'aborder un être humain.

Ça ressemble à renoncer à un achat parce qu'on a peur qu'on nous voit perdu.e en train de chercher un article, qu'on a peur qu'on vienne nous demander si on a besoin d'aide, et qu'on à peur de parler à la personne à la caisse.

Ça ressemble même à renoncer à entrer dans un magasin dont la vitrine nous plaît parce qu'il y a des gens à l'intérieur.

Ça ressemble à renoncer à aller dans des lieux inconnus parce qu'on ne saura pas quels comportements seront adaptés à ces lieux et qu'on a peur que ça se remarque.

Ça ressemble à faire semblant de n'avoir pas entendu ou pas vu quelqu'un qui nous adresse la parole ou quelqu'un qu'on connaît dans la rue.

Ça ressemble à un quart d'heure de pleurs avant un coup de téléphone.

Ça ressemble à ne jamais le décrocher, ce téléphone, et attendre qu'on nous laisse un message vocal (sauf s'il s'agit d'une personne très proche).

Ça ressemble à un cerveau vide au moment où il faudrait "faire la conversation".

Ça ressemble à devenir incapable de parler et de regarder quelqu'un dans les yeux, voire même de bouger, et de penser à autre chose que "je n'existe pas je ne suis pas en train de vivre ça" lors d'une situation sociale angoissante.

Ça ressemble à préférer faire une dissertation pendant 5h plutôt qu'aborder un inconnu pendant 20 secondes.

Ça ressemble à demander en permanence à un proche de dire les choses à notre place quand on veut s'exprimer.

Ça ressemble à faire une demi-heure de route pour aller déposer un CV, et finalement y renoncer parce qu'on est trop terrifié.e.

Ça ressemble à paraître impoli.e aux yeux de tous parce qu'un "bonjour" nous panique tellement qu'on est parfois incapable de le prononcer (mon langage est plutôt dénué de fonction phatique).

Ça ressemble à voir notre peur se transformer en incapacité (j'ai peur de faire certaines choses donc j'en deviens totalement incapable).

Ça ressemble à devenir incapable de parler avec certains membres de sa famille.

Ça ressemble à ne pas oser prendre des nouvelles d'une personne qui nous est chère, quitte à ce qu'elle pense qu'elle nous laisse indifférent.e quand ce n'est pas le cas, quitte à perdre complètement le contact.

Ça ressemble à ressentir une honte si écrasante quand on parle que ça donne envie de mourir.

Ça ressemble à croire qu'on dérange à chaque fois qu'on parle, en particulier si on parle de soi.

Ça ressemble à un isolement et une solitude forcés.

Ça ressemble à une peur qui s'étale dans toute notre vie, parce qu'on ne peut éviter le contact social et la souffrance qui l'accompagne, parce qu'on voudrait pouvoir de communiquer avec autrui, parce que c'est associé avec une très basse estime de soi, parce qu'être aimé.e et important.e aux yeux de quelqu'un devient tout un problème, parce qu'être vu.e est parfois vécu comme une douleur...


Bon mais heureusement dans ma vie (et d'ailleurs, je réitère : je parle ici de ce que je connais de la phobie sociale, je ne veux pas parler de choses par lesquelles je ne suis pas concerné.e), la phobie sociale elle ne prend pas toute la place.

Elle ne m'empêche pas de prendre un plaisir intense à être sur scène, sans angoisse (à dire vrai c'est même une des choses que je préfère dans la vie). Elle ne m'empêche pas de faire un exposé devant ma classe. Elle ne m'empêche pas de passer un entretien. (En fait, dans les situations où je sais exactement ce que je dois dire et faire, la phobie disparaît.)
Elle ne m'empêche pas d'avoir quelques amis même si je les vois et leur parle en fait peu. Elle ne m'empêche pas de m'intégrer au sein de ma classe même si je ne réussis pas à m'y faire de réels amis. Elle ne m'empêche pas d'être immédiatement à l'aise avec une personne avec qui le courant passe. Elle ne m'empêche pas d'aller demander une dédicace à un guitariste que j'admire. Elle ne m'empêche pas de régler certains détails administratifs.

Je sais que ce n'est pas le cas pour certaines personnes. J'ai une phobie sociale qui ne se déclenche que dans des situations spécifiques, d'autres ont une phobie sociale généralisée qui s'applique à tout contact social. Je n'ose imaginer à quel point ça peut être dur.


Pour conclure.

Si toi aussi tu souffres de phobie sociale, gros soutien et courage à toi. Ne perds pas espoir : c'est dur mais ce n'est pas une fatalité et tu peux t'en sortir.

Si tu fais partie de ces gens qui disent que "ce n'est rien, fais un effort, tu es juste timide", alors arrête. Ça n'aide personne et ça fait du mal.



(Je vis cet article comme un coming out.
On m'a tellement répété que je suis "juste timide" que je ne me suis sentie légitime qu'en lisant un livre écrit par des psychothérapeutes sur le sujets, avec des outils d'auto-diagnostic. Parce qu'en effet, je SUIS timide, et ça "cachait" la phobie sociale. Et pourtant elle est là aussi.)

jeudi 23 février 2017

Métalleuse.

Oui je sais j'écris une fois tous les 23 matins, autrement dit pratiquement jamais. Mais aujourd'hui j'avais envie de faire une déclaration d'amour.

Une déclaration d'amour au metal.

Parce que je suis née dans le metal finalement, avec un papa qui m'a fait grandir avec Metallica, Iron Maiden, Opeth et Nightwish.
Parce que je suis le cliché de la fille qui le matin avant d'aller au lycée, s'habille tout en noir, enfile son bracelet de force et ses Docs et écoute "Harvester of Sorrow" pour se sentir puissante.
Parce qu'écouter du Helloween m'aide à m'endormir.
Parce que je ne me sens jamais aussi heureuse que dans un concert de metal.
Parce que quand je croise quelqu'un avec un t shirt d'un groupe que j'aime bien j'ai l'impression que même si on ne se connait pas on fait un peu partie de la même famille et ça m'inspire confiance.
Parce qu'à mes yeux il n'y a rien de plus beau qu'un musicien aux cheveux longs.
Parce que c'est un milieu majoritairement masculin. 
Parce qu'en soirée il m'arrive souvent de rester assise sans parler à personne mais dès que j'entends un riff heavy je me lève pour headbanger (et ensuite j'ai mal aux cervicales).
Parce que le metal c'est doux comme un chaton tout en te faisant dégobiller tes tripes.
Parce que la fois où j'ai été dans un concert d'autre chose que du metal j'avais l'impression d'être entourée d'étrangers et je ne savais pas quoi faire de mon corps alors qu'à un concert normal je suis entourée de mes semblables et je saute sur place en agrippant mon voisin aux épaules tandis qu'on balance en rythme nos chevelures.
Parce que dans le metal je me sens chez moi, même si ok j'écoute presque seulement du pagan et du symphonic metal.
Parce que Orphaned Land, Nightwish, Therion, Eluveitie, Metallica, et plein d'autres, c'est quand même de la sacrément bonne musique.
Parce que ça me donne une bonne excuse pour faire un pèlerinage en Finlande.


Le metal je t'aime.
Les metalleux.ses je vous aime.

Si toi aussi tu es metalleux.se dis moi ton histoire avec le metal et ce que tu aimes et je te fais des câlins.

mercredi 28 décembre 2016

serial monogamer

Il va falloir qu'on m'explique.
On vit dans une société de "serial monogamer" ou de monogamie en série. C'est à dire qu'on aime une personne à la fois, les unes après les autres. Et quand on aime une personne et que c'est réciproque, on se met forcément en couple, et on couche forcément ensemble. Et réciproquement : si on est en couple ou qu'on couche ensemble alors on est forcément amoureux. Voilà le seul modèle accepté.

Il n'y a que moi que ça choque ?

Je veux dire. Il est très bien ce modèle. Il convient à beaucoup de monde, une majorité, même. Moi même il me convient plutôt bien. Mais pourquoi l'imposer à tous ?

Être en couple, en soi, c'est juste construire un projet de vie commun. Pourquoi ce serait forcément à deux, et pas à trois ou quatre ? Pourquoi il faudrait forcément être amoureux et coucher ensemble ? Pourquoi un couple de personnes aromantiques/asexuelles par exemple, amies et qui souhaite passer leur vie ensemble, vivre ensemble, pourquoi pas avoir des enfants ensemble, sans pour autant ressentir de l'amour romantique ou du désir sexuel, ne serait-il pas valable ?

Être amoureux, c'est quoi ? Vaste question, et je me retrouve en fait dans l'impossibilité d'y répondre, tellement ça dépend des personnes concernées. Mais puisque c'est justement si variable : pourquoi imposer un modèle unique ? On peut être amoureux sans vouloir être en couple et coucher ensemble, on peut être amoureux de plusieurs personnes, on peut être amoureux d'une seule personne pour toute sa vie...

Coucher avec quelqu'un, c'est quoi ? Au risque de me répéter : ça dépend énormément des personnes impliquées. Ca peut être tout simplement un moyen corporel de se faire plaisir à plusieurs, comme du sport ou de la bouffe en mieux. Et oui, ça paraît choquant à certains, mais après tout : pourquoi pas ? Si tout le monde est consentant, que la dignité humaine est respectée et que personne n'en ressort traumatisé : qu'y aurait-il d'intrinsèquement mauvais à ce comportement ? Ca peut être un moment intense de partage et de communion avec quelqu'un sans qu'il y ait nécessairement d'amour romantique. Et évidemment ça peut aussi être "faire l'amour", autrement dit l'apogée d'une relation amoureuse.

Et même tout ce qui est marques sensuelles de tendresse. C'est-à-dire : étreintes, caresses, baiser. Pourquoi est-ce que ce serait mal d'avoir ce genre de désir sensuel avec quelqu'un, sans pour autant avoir de désir sexuel ?


J'ai besoin de comprendre pourquoi le dogme amoureux, sinon j'ai beaucoup trop l'impression que l'amour est en fait régi par des règles arbitraires, ou pire, au service du grand méchant patriarcat, et je trouve ça terrible.

mercredi 21 décembre 2016

Prendre parti

Chaque jour les médias nous rapportent des nouvelles des conflits au loin ou de la courbe du chômage. Nouvelles biaisées, nouvelles faussées, nouvelles cachées. Et nous, petits civils pions de ce grand jeu (géo)politique, on les lit, les écoute, les regarde. On choisit quel média nous paraît le plus juste, quel point de vue on choisit d'écouter ; ou alors on se contente du journal de 20h ou même de vagues échos sur les réseaux sociaux, selon chacun.

Et après ça les petits rouages de notre cerveau s'associent les uns aux autres et en nous se forme une opinion. Nous sommes Charlie : après tout on devrait bien pouvoir dire ce que l'on veut. Les russes, quelles horribles choses ils font en Syrie ! Mais quel idiot peut donc bien voter pour Trump ?

On prend parti. Tout le monde prend parti. Sur ce qui nous concerne ou pas, sur quelque chose sur laquelle on peut avoir une influence ou pas, sur des concepts ou des actes ou même des êtres humains. On prend parti sur le sort de nos semblables. Parce que oui, même le réfugié arabe, c'est ton semblable.


Je vais te poser une question simple.
Pourquoi ?


Est ce que tu t'es assez renseigné pour être apte à juger de manière raisonnable ? Est ce que tu te bases sur des informations véridiques et fiables ? Est ce que cette opinion ainsi formée aura une influence sur tes actes et sur le monde ?


Je vais te dire : si la réponse à ces questions est non, j'estime qu'on n'a pas à prendre parti. Qu'on n'a pas à réagir à chaud parce que voyons, il faut bien penser quelque chose de l'actualité. Qu'on devrait admettre qu'on n'a parfois pas assez de compétence pour être apte à décider ce qui est le mieux.

Je me souviens, lors du référendum en Écosse pour décider s'ils étaient in ou out du Royaume-Uni. J'étais en cours d'anglais européen, ce cours qui doit te faire pratiquer la langue tout en t'ouvrant à des problématiques liées à l'Union Européenne. Le professeur me pointe du doigt, m'interroge, me demande : et moi, qu'en pensai-je ? Que devraient voter les écossais ? Je lui répond que je n'en sais rien. Après tout : je ne m'intéresse pas particulièrement à cette question qui ne me semble avoir que peu d'impact sur mon quotidien, par conséquent je me suis peu informée sur le sujet et n'ai pas pris plus d'une quinzaine de minutes pour y réfléchir ; et puis, qui suis-je pour décider de ce que les écossais devraient faire ? Ne peuvent-ils pas décider pour eux même ? Le meilleur choix n'est-il pas celui voulu par le peuple ?

Le conflit en Syrie, ça me préoccupe, lorsque j'ai assez de force pour ne pas m'écrouler en pleurant, parfois je lis des articles, des témoignages. Et même les témoignages venant de personnes sur place sont contradictoires car ils proviennent de personnes qui font partie d'un camp et prennent parti contre l'autre.
Moi je ne veux pas prendre parti. Je ne sais pas quelle est la meilleure solution ou plutôt devrais-je dire la moins pire. Je ne veux pas voir les méchants d'un côté et les gentils de l'autre. Et surtout je n'en ai pas besoin. D'une part parce que je n'agis en rien par rapport en conflit, d'autre part parce que même si je le faisais, il y a des associations humanitaires qui justement ne sont pas censées prendre parti.
Je ne vois pas des forces opposées dans un conflit géopolitiques dans lequel il faudrait choisir une de ces forces.
JE VOIS DES HOMMES QUI MEURENT ET FUIENT LEURS PAYS, ET J'EN VOIS D'AUTRES SE RÉJOUIR DE BOMBARDEMENTS ET D'OPÉRATIONS ARMÉES, PARCE QU'ILS PRENNENT PARTI.

Par pitié : si tu n'as pas besoin d'une opinion pour t'engager dans une quelconque cause, ou que tu n'es pas apte à juger. Cesse de prendre parti. Surtout quand ça transforme des vies humaines en pions dans un jeu (géo)politiques.

samedi 17 décembre 2016

Résistance à la raison

Je suis quelqu'un qui a l'esprit logique. De plus j'ai énormément de place à me mettre à la place des autres. Par conséquent, je suis incapable de comprendre ceux qui refusent de raisonner de manière logique et raisonnable.

Quand on débat et qu'on argumente, on essaye généralement autant que possible d'utiliser des arguments indiscutables, basés soit sur une démonstration solide soit sur des faits véridiques et prouvés.

Et là où je bloque et deviens inapte au débat, c'est lorsque je parle à des gens qui n'acceptent pas ces arguments pourtant indiscutables. Je leur présente des faits, ils répondent que ce n'est que mon opinion. Je leur fait une démonstration logique, il se contentent de me rétorquer qu'ils ne sont pas d'accord.

Est ce que je donne des exemples ? Il y en aurait tellement. Au pif : voilà pourquoi je ne comprend pas le délire des créationnistes, des négationnistes, et de tous ceux qui croient savoir mieux que toi ce que tu es.


Bon. Jusqu'ici, ça n'est pas trop problématique en soi, juste extrêmement frustrant pour tous ceux qui réfléchissent comme moi. Là où ça m'embête, c'est que ces raisonnements sans fondement ont tendance à m'agacer grandement, voire m'énerver ; je deviens donc agacée et énervée dans le débat. Donc je n'arrive plus à argumenter correctement ni à me faire entendre. Ni même à réellement écouter mon interlocuteur et distinguer les propos intelligents de ce qui s'oppose à la réalité pure et simple. Et c'est le contraire de ce que je veux.

Et toi, est ce que tu rationalises comme moi ? Comment tu réagis face à des gens qui n'entendent ni la logique ni les faits ? Tu peux m'aider à garder mon sang-froid ?