jeudi 18 juin 2015

Cheers my friend for the vibes you bring




"I guess I should say
This is all that I need
Music and you
And the air that I breath."

...

"I guess I should say
This is all that we need
Music and peace
And the gifts of the trees."



*DIDGERIDOO !*

dimanche 14 juin 2015

Toujours se raccrocher à un visage. Toujours.

La fatigue, l'énervement, le stress qui parasitent ma tête et mon corps.

Je n'ai pas la tête à ça. Je flippe, je vais rater mon bac. Et je suis là à écouter une chorale de vieux aux voix tramblotantes suintant l'ennui en attendant mon tour pour monter sur scène au lieu de reviser. Je n'ai même plus envie de jouer. Je suis lasse de faire les mêmes morceaux depuis le début de l'année.

Mais même à reculons il faut y aller. J'empoigne ma basse comme une arme, une alliée de poids face à mon découragement total.

Le chef bat la mesure, on part, le premier morceau est répétif et se déroule sans accroc, mon orchestre ne joue qu'un rôle d'accompagnement.

Puis commencent les choses sérieuses. A côté de moi, le trompettiste envoie les premières notes, clinquantes, le saxophone et la clarinette suivent. Puis viens mon tour. Je redresse la tête, fais face à la foule. Un mouvement de poignet ébranle la corde et bam ! Dans ta face. Cette entrée en la matière est agressive.

La basse, vecteur de ma rage.

Je scrute la foule de spectateurs. ''Foule'', c'est beaucoup dire. Après le départ des violonistes et violoncellistes, le tiers des chaises s'est vidé. Ceux qui restent sont des parents désabusés peu intéressés par autre chose que leur propre progéniture et des vieux au visage endormi. Je peux bien tout donner : je ne reussirais pas à les réveiller. Même la flûte qui joue faux et mal sonorisée n'en est pas capable...

Et puis un visage se distingue de la masse. Il a des dreadlocks, un sourire cool, et il se balance en rythme. C'est le seul qui a l'air de vraiment écouter. Je décide de jouer pour lui. Ses yeux clairs me captivent.

Sa petite fille blonde court dans tous les sens à côté et il n'arrête pas de se lever pour tenter de la calmer, ça me fait sourire. Parfois il jette un regard à la femme à l'air paisible à sa droite, ce doit être sa compagne, sa femme. Il rive son regard attentif à la scène. Il est beau.

Tout mon énervement traverse mon bras et se déverse dans les cordes épaisses, s'expulse dans les baffles vers la salle. Je suis à fond. Je n'ai pas droit à l'erreur puisqu'une personne nous écoute attentivement, réellement. Je joue de mon mieux pour la remercier.

C'est la fin, je m'incline bas.
Toujours se concentrer...

dimanche 7 juin 2015

Peut-être nos chemins ne se croiseront-ils plus jamais

La vie c'est de la merde, sauf quand, alors qu'on y pense, on croise une personne qui dégage une aura tellement belle qu'on se retourne sur son passage, et que cette personne est retournée aussi, et même si ça n'est sans doute pas pour soi, on sourit car ça nous donne une occasion de revoir son visage.

mercredi 3 juin 2015

Tu es ton corps. Pas seulement. Mais tu es ton corps.

Je trouve intéressant le rapport que nous entretenons avec notre corps.



Souvent, notre corps, on y pense sous deux jours différents.

Très souvent, on n'en a qu'une piètre opinion, focalisée sur une apparence non désirée et qui ne nous satisfait pas, sur tout ce qu'on aimerait changer en lui, ou au contraire sur ce qu'on aime bien.

Parfois, on va plus loin et on prend conscience qu'en dessous l'iris, les cheveux et la peau, il y a des os des muscles des tendons des organes un coeur qui bat ; on prend conscience de la "machine" (comme dirait Descartes). Alors soit on ressent la joie de se sentir physiquement vivant, soit on est frustré de ses limites.



Mais peu importe le jour sous lequel on le prend... très souvent, on le considère comme juste une enveloppe charnelle avec laquelle on doit composer. Quelque chose d'étranger à soi.

Il y a ceux qui considèrent leur corps comme leur allié. Ils apprennent à aimer leur corps, à le mettre en valeur pour avoir une apparence qu'ils aiment. Ils sont heureux de pouvoir, chaque jour, grâce à lui, parler, marcher, faire l'amour. Ils le personnalisent : tatouage, maquillage, piercings, coiffures et autres modifications corporelles. Ils en prennent soin : une nutrition équilibrée, suffisamment de sommeil et un peu de sport forment leur credo ; ça rejoint la mode healthy. Ils le chouchoutent aussi : on peut s'autoriser une grasse matinée, un dessert à la chantilly, profiter d'un massage. Je pourrais prendre l'exemple de Canalis qui le dit elle-même : "Je vois mon corps et moi-même comme deux choses distinctes. Ça m'aide à en prendre soin." Effectivement, plus facile d'aimer son corps en tant que chose distincte que de s'aimer soi-même.

Il y a ceux qui considèrent leur corps comme leur ennemi. On fait avec, on le tolère tout juste, on le déteste. Il ne sera jamais parfait, quoi qu'on fasse. On est trop gros, trop grand, trop petit, on a le visage asymétrique, le nez tordu, un sourcil plus haut que l'autre. Ce corps transpire trop, est trop poilu, nous fait rougir au mauvais moment, notre voix est vraiment trop banale. On a des désirs, des pulsions, dont on se passerait bien. On se cogne le petit doigt, on tombe malade, on devient myope. Il faut le nourrir, aller aux toilettes, le laver... quelle corvée. Vraiment, ce corps qu'on nous a donné sans nous demander notre avis n'est pas un cadeau. Parfois même on le maltraite : auto-mutilation, troubles du comportement alimentaire, régimes draconiens le détruisent à petit feu.

(Évidemment, j'ai pris les deux extrêmes, pour montrer plus facilement deux grandes tendances.)



Dans l'esprit collectif, mon corps, ça n'est pas moi.



Maintenant, arrête toi. Deux minutes. Réfléchis.
Est ce que tu te reconnais là dedans ?
Est ce que ça te parait normal ?


Peut-être que oui. C'est tout à fait possible. Et c'est très bien, si ça te convient.

Alors peut-être est ce moi qui ne suit pas normale. Parce que oui, cette vision des choses me semble absurde.
Voilà comment je vois les choses.


Nous ne sommes pas de purs esprits, nous ne sommes pas que notre caractère et nos pensées, nos idées. Le corps n'est pas qu'un moyen d'agir dans la réalité. Le corps, c'est aussi soi, ni plus ni moins que l'âme ou l'esprit (par exemple).
Quand tu prends soin de ton corps, c'est de toi que tu prends soin.
Quand tu maltraite ton corps, c'est toi que tu maltraites.
Si tu aimes ou n'aimes pas ton corps, c'est toi que tu aimes ou non.

Tu n'es pas que ton corps, tu es beaucoup plus que ça.
Mais tu es ton corps.
Pas seulement.
Mais tu es ton corps.

(Si tu es catholique, c'est un peu comme Dieu : Dieu est le Fils, mais pas seulement (puisqu'il est aussi le Père et le Saint Esprit). Ça n'empêche qu'il est le Fils.
Si tu ne l'es pas : oui. C'est dur à comprendre.)



Du coup, si je dis à quelqu'un "tu es beau", ça concerne bien sûr son physique, mais également tout ce qu'il est. Puisque je suis convaincue que le physique qu'on nous a donné, qu'il nous convienne ou non, correspond en fait exactement à ce qu'on est. Si j'aime quelqu'un, je le trouve beau ; pour moi, c'est généralement synonyme.

Du coup, pour moi, faire l'amour, ce n'est pas juste se faire plaisir à deux. C'est s'aimer de la manière la plus complète qui soit.

Mon corps me permet d'exprimer ce que je suis parce que mon corps est ce que je suis.

Je montre ou cache mon corps comme je le souhaite et à qui je le souhaite tout comme je cache ou montre mon caractère, mon histoires, mes idéaux...
L'expression "se mettre à nu" n'est elle pas utilisé à la fois pour la nudité physique en tant que telle, et pour des confessions intimes ?

Si je frappe le corps de quelqu'un, je m'attaque à sa personne, pas à son enveloppe charnelle.
(Je te rassure, en l'occurrence c'est un "je" général. Je suis totalement pacifique et anti violence. Ü)





Est ce que c'est important ?...