dimanche 26 juillet 2015

Raconter des histoires

Quand j'étais petite, j'écrivais des histoires.
Ça parlait de fées et de licornes, de fleurs et de magie, je ne dépassais jamais les trois chapitres ou les vingt pages. Peu importe, j'aimais ça.
Je lisais aussi énormément, et j'allais souvent à la bibliothèque. J'ai lu les deux tiers de leur rayon jeunesse si ce n'est plus. En tout cas, j'ai lu tous les livres qui me donnait envie de les lire dans ce rayon.
J'adorais apprendre des mots longs et compliqués et les ressortir souvent et bien parler. J'aime toujours autant ça, le problème est qu'à 8 ans, peu sont ceux qui connaissent des mots longs et compliqués ; quand on a 17 ans et qu'on interagit avec des adultes en revanche c'est une autre affaire, on se sent tout ignorant. Enfin bon, mes parents ne savaient pas ce que veut dire procrastination quand je l'ai dit aujourd'hui, et puis, à part mes amis amateurs de littérature, qui connait les mots "coprolithe", "pétrichor", "hexakosioihexekontahexaphobie" ? Bref, ceci était une digression inutile, à part pour signifier que j'aime les mots.

J'ai grandi un peu, j'ai continué à lire beaucoup, à écrire beaucoup, même si un peu moins.
Au collège, on avait des rédactions à faire, j'adorais ça, c'était tellement de plaisir pour moi alors que d'autres suaient sur leur copie. Le professeur nous donnait une méthode, je l'envoyais au diable pour écrire ce qui me venait. Il nous donnait un sujet, et tout de suite un monde fleurissait dans ma tête. On nous rendait les copies, mon voisin pleurait car il avait écrit 6 pages et avait eu 8, je jubilais avec mon 18 et 3 pages. Je me croyais douée pour l'écriture, alors rien ne me freinait.
Je n'écrivais pas plus, mais peut être un peu plus fini, achevant quelques nouvelles et quelques poèmes, et peut être plus long, allant jusqu'à écrire une cinquantaine de pages sur un roman que j'ai ensuite abandonné car il manquait de style comme de fond et était beaucoup trop enfantin, dans le mauvais sens du terme.

Ensuite est arrivé le lycée et c'était moins la joie. (Ce qui est la joie en revanche, c'est de pouvoir utiliser des verbes conjugués à l'imparfait pour parler du lycée.) J'ai chuté à 12 de moyenne en français, on n'imaginait pas mais décortiquait des textes et au départ je n'aimais pas ça ni n'en voyais l'intérêt. Pour moi, ça gâchait la beauté du texte. Et puis, en partie grâce à la meilleure professeure de français du monde, j'ai fini par comprendre et y prendre goût, ça me faisait voire des choses que je n'aurais pas été chercher de moi-même sinon, et je découvrais de beaux textes que je n'aurais pas découvert sinon. Ma moyenne a remonté petit à petit et j'ai adoré le français au lycée.
Pourtant j'ai été en S. Rassurez vous, j'ai vite bifurqué vers la L ensuite.
Sauf que bizarrement, mon année de L, c'est l'année où j'ai le moins lu, le moins écrit. D'une part parce que comme il fallait beaucoup travailler, que j'ai commencé à apprendre deux nouveaux instruments de musique et que je suis tombée amoureuse, je n'avais plus du tout le temps. D'autre part parce que je me suis décidée à faire des études d'art appliqué, et non de littérature. Enfin parce que je me suis rendue compte que j'écrivais très mal, et je n'arrive presque plus à apprécier ce que j'écris. Forcément, quand on lit du Vian et du Eluard, et même du Flaubert et du Hugo (oui, j'ai décidé de lire tous les monuments de la littérature, parce que si je marche au coup de coeur, je retombe sur des choses comme Twilight, et je me dis que je passe à côté de ce qui est vraiment beau et profond), ça fait complexer. Le tout couplé à un manque d'inspiration.

Et là, voyez vous, nous sommes en plein milieu des grandes vacances. J'en profite pour lire. Et comme je me détend, mon inspiration revient. J'ai envie d'écrire, écrire, écrire, encore et toujours, sur tout et n'importe quoi et n'importe qui. Enfin. Raconter, surtout. Et puis, il faut dire que j'ai un amour adorable qui apprécie que je lui raconte des histoires : ça me motive.
Sauf que je continue à lire les monuments de la littérature, et même des livres peu monumentaux, et je complexe toujours. Mon style ne provoque rien de beau. Je n'arrive pas à m'exprimer comme je le voudrais. Et puis, j'ai toujours l'impression que mes idées n'intéresseront personne, que je n'ai rien qui vale vraiment la peine d'être dit et surtout lu.
Alors comme j'ai peur d'écrire, en attendant, j'écris que j'ai envie mais peur d'écrire.
Mise en abîme

Il me reste à apprendre à raconter en image et non en mots.

jeudi 23 juillet 2015

Aime

" - Comment tu expliquerais l'amour à quelqu'un qui ne comprend pas pourquoi c'est beau ?

 - C'est l'inverse de tout ce qui est mauvais dans le monde : c'est la création, l'accord, l'harmonie, et la vibration qui fait du bien dans ton coeur et qui te donne envie de vivre et de faire du beau à ton tour."



Paroles d'une amie. (Si ça ne la dérange pas que je dise son nom, qu'elle se manifeste :) )
Je me devais de noter ça. Parce que c'est joliment dit.
Et puis j'ai eu peur de ne pas retrouver où je l'avais noté.
Alors je le partage avec toi. Ça pourrait te concerner.



mercredi 22 juillet 2015

Morenika






En ville vivait une jeune fille dont les regards ne pouvaient se séparer.

Elle vous accordait un regard et vous aviez le sentiment de recueillir en votre coeur le plus précieux des cadeaux.
Elle secouait ses boucles au soleil et vous les pensiez faites des rayons mêmes du soleil.
Elle baissait pudiquement les cils et vous laissait voir ses paupières de charbon, les relevait et vous vous perdiez dans le profondeur de ses yeux d'encre.
Elle mouvait ses hanches et à le vue de l'ondulation de sa silhouette vous croyiez saisir le mouvement du monde.

On l'appelait Morenika.

Venue d'on ne sait où, les pensées toujours tournées vers le scintillement de l'océan ou celui de l'or des prince, on la disait fille du soleil. Venue au monde indiciblement pure, l'astre roi l'avait entouré de son amour vif et tranquille, réchauffant son coeur solitaire et sa peau d'une blancheur froide.

À présent, Morenika avait la peau brune et soyeuse et chacun s'arrêtait sur son passage en espérant entendre le tintement de sa voix de velours ocre.
L'admiration l'entourait de confort et décimait l'ennui qu'aurait pu avoir une femme de province. Elle était la légende dont on écoutait les conseils comme s'il fut s'agit de ceux d'une sage ou d'une princesse et on la traitait comme telle bien qu'elle ne fut qu'une fille des rues.
Mais à elle sa beauté paraissait fade sans quelqu'un pour l'aimer.

Elle était tout juste sortie de l'enfance, mais à un âge où on éveille déjà le désir des hommes. L'immense respect qu'elle suscitait les tenait pourtant dans une humble réserve. Même les plus séducteurs d'entre eux avaient conscience que cette étoile ne pouvait être descendue à leur rang d'humbles, médiocres et ordinaires hommes. Le geste le plus hardis qu'on s'était permis envers elle était un baisemain empli d'émerveillement et de ferveur.

Seul le pouvoir faisait croire cette prétention qu'elle pouvait être courtisée. Le fils du Roi lu fit maintes avances, la couvrit de cadeau, lui fit parvenir de nombreuses invitations qu'elles refusaient l'une après l'autre.

C'est que Morenika portait un autre homme dans son coeur. Celui là était plus discret. Un beau jour, sans prévenir, il surgissait du ventre de l'océan, courait aussi vite que le vent, la rejoignait, rayonnante de beauté et de jeunesse, et il passait timidement et avec une infinie tendresse sa main dans sa douce chevelure qui lui tombait au creux des reins. Alors les papillons se mettaient à danser dans le bas de son ventre, et les étoiles se rassemblaient au fond des yeux de sa compagne pour y briller plus fort.

Et puis bien vite il devait regagner son navire, ne manquait jamais de lui promettre d'un baiser son retour accompagné d'un de ses souvenir de voyage - du sable du désert, des épices d'orient, une bague en argent sculpté comme la dentelle. Et elle l'attendait.

Ce soir là, Morenika avait le coeur déchirée. Bien souvent elle avait rêvée des fastes de la vie royale que lui promettait l'élégant et courtois fils du Roi. Bien souvent elle avait rêvée de la vie sur les flots de son marin pauvre mais aventurier. Ses amies la détournait de lui pour encenser le fils du Roi ; les vagues murmurait à son oreille de rejoindre le courageux homme qui osait braver le destin pour les chevaucher et s'approcher de Morenika.

Ce soir là, Morenika pleurait. Elle leva la tête vers les cieux, vers la lune qui l'avait vue grandir et l'avait accompagnée dans tout ses tourments. La lune pleine se refléta dans la larme cristalline qui roulait sur la joue de la jeune fille et fit un bruit de perle en percutant le pavé. Suis ton coeur, lui disait la lune, suis ton coeur et ses larmes.

Alors Morenika baissa la tête, aperçut sa larme au bruit de perle qui roulait sur le pavé et, le coeur battant à tout rompre, la suivit à petits pas précipités. Où l'emmenait-elle donc ? Son tracé sinueux suivait les lignes entre les pierres dans le sol, et ne révélait rien de sa destination finale.





Morenika s'arrêta.
La larme était tombée dans l'océan.
Elle releva la tête et vit le sourire de son marin.

vendredi 17 juillet 2015

L'injustice des sens - round 2

Pour la reproduction des sens réels.

Il y a la photographie.

Il y les vinyles, les CD, les mp3.

Il y a des bonbons aux différents arômes.

Il y a le parfum.

C'est tout.



Pour la capture des sens.

Il y a l'appareil photo.

Il y a le micro.

Mais je rêve d'une machine à capturer les odeurs instantanément. Il y a certes le tissu, dans une mesure très limitée.
Un jour, je marchais sur le littoral, je suis passée devant des buissons de lande en fleur, et elles sentaient bon, si bon ! Pourrai-je à nouveau sentir cette odeur si particulière un jour ? Je serais même incapable de décrire cette odeur tellement le vocabulaire pour y parvenir est pauvre, peu usité, ou emprunté à d'autres sens...




En cours de philosophie, je crois, notre professeure nous avait parlé d'un insecte qui se repère uniquement grâce à son odorat et son toucher. Cette bête n'a que deux sens.

Sans notre vue et notre ouïe, nous serions perdus.
Autant on n'utilise notre goût qu'en de rares occasions. Autant le toucher et l'odorat pourrait être des sources d'informations considérables si on daignait les entraîner et y prêter attention.
Au lieu de ça, je vois très bien, suis capable de repérer une fausse note ou un écart inférieur au demi-ton ainsi que des notes très aiguës, mais ma maison pourrait cramer sans que je le sente.

Et si l'inverse existait ? Et si il existait plus que 5 sens en tout mais que nous soyons incapables de les imaginer, comme cet insecte qui n'en a que 2 ?
Même au sein d'un seul sens, il y a un développement moindre selon les espèces. On sait déjà que les rapaces, par exemple, sont capables de distinguer beaucoup, beaucoup plus de couleurs que nous. Tu arrives à l'imaginer ? Absolument pas. Au contraire certaines espèces comme le hérisson voient à peine, d'autres comme la chauve-souris sont aveugles. Certaines espèces ont une vision à 2 couleurs seulement, l'humain quant à lui en voit 3 (RVB). Et s'il existait des espèces capables de voir 4, 5, 10 couleurs ? Tu arrives à l'imginer ? Absolument pas.

Et si même au sein de notre espèce tout le monde voyait différemment sans en être conscient ? Que ce que j'appelle bleu, tu le vois comme moi je vois le rose, mais du coup tu l'appelles bleu aussi ?

lundi 6 juillet 2015

Laissez moi avoir 8 ans

I don't wanna grow up. I don't wanna grow old. Not in this crazy life.
Can you understand me ?

Je ne veux pas grandir. Je ne veux pas vieillir. Pas dans cette vie insensée.
Me comprends tu ?



Today, I was searching for a dwelling in the city where I will live and study next year.

Aujourd'hui, je cherchais un logement pour l'année prochaine, dans la ville où je vais étudier, vivre.




I had to see ads for dwellings again and again and again.
I didn't know wich one to choose, they are all the same for me : ugly and little and dark and empty. No soul can be found in these narrow rooms.
The only ones that seem nice are those with wide windows and a balcony, but all of these are too expensive. A bit of light and a place up in the air and in the wind is expensive.
Everything is so expensive. The fact that we must work and earn money to be able to have a decent dwelling seems absolute nonsense.

J'ai du voir des annonces, encore et encore.
Je ne savais pas laquelle choisir. Ces appartements étaient tous les mêmes à mes yeux : laids, étroits, sombres, vides, dénués d'âme.
Les seuls qui avaient l'air accueillant étaient ceux avec des immenses fenêtres et un balcon, mais tous étaient trop chers. Un peu d'air et une place suspendue au milieu des airs et du vent sont coûteux.
Tout est si cher. Le fait qu'on doivent travailler pour gagner sa vie pour avoir un logement décent parait insensé.

I had to call owners again and again and again.
I HATE the phone. I stare at him during long minutes. Then I finally press the green button. Duuuut. Duuuut. Duuuut. Am I going to die of an heart-attack during these long seconds ? Oh. A voice. I guess I should answer. I swallow nervously, but my voice disappear with my saliva. Okay let's talk. I ask the owner her name, but she goes upset, I am now crying. My mother enter the room at this precise moment ; oh God, why cannot she help me, I just want to finish this neverending call... 
J'ai du appeler les propriétaires, encore et encore.
Je HAIS le téléphone. Téléphonobique je suis. Je le regarde pendant de longues minutes. Puis j'appuie finalement sur le bouton vert. Duuuut. Duuuut. Duuuut. Vais-je mourir d'une crise cardiaque pendant ces secondes si longues... ? Oh, une voix. J'imagine que je devrais répondre. Je déglutis et avale ma voix avec ma salive. Bon. Parler. Je lui demande son nom, mais elle est contrariée et s'énerve, maintenant je pleure. Ma mère entre dans la pièce à ce moment précis ; mon Dieu, pourquoi ne peut elle pas m'aider, je veux juste finir cet appel interminable...

I had to ask my best friend is she wants to live with me again and again and again because she doesn't answer.
She finally answered that she already had found a dwelling. She didn't tell me anything. Aren't we suppose to be friend, to like and help and support each other ? I think she doesn't like me anymore. I feel hurt and sad, you know. I still like her so much.

J'ai du demander encore et encore à ma meilleure amie si elle voulait faire un collocation avec moi, elle ne répondait pas.
Finalement, elle m'a répondu, elle me dit qu'elle a déjà trouvé un logement. Elle ne m'a rien dit auparavant. Ne sommes nous pas supposés être amies, s'entraider ? Je crois qu'elle ne m'aime plus. Je me sens blessée et triste, je l'aime, toujours.


I had to think about my future new life again and again and again.
I will have to deal with money. I will have to deal with unknown and maybe not friendly people. I will have to deal with loneliness. I will have to deal with silence. I won't be able to play as much music as I would like to.

J'ai du penser à ma future nouvelle vie, encore et encore.
Je vais devoir me débrouiller avec l'argent. Je vais devoir me confronter à des personnes inconnues et peut être hostiles. Je vais devoir affronter la solitude. Je vais devoir faire face au silence. Je ne pourrai pas jouer autant de musique que je voudrais...







Let me have 8 years old again.
When I was 8 years old, I never doubted. My world was simple : my family and my friends loved me and I loved them. My days were made of books, dreams, words, games, laugh, cartoons, love.
It's over. I want to come back.

Laissez moi avoir 8 ans encore.
Quand j'avais 8 ans, je n'étais envahie d'aucun doute. Mon monde était simple : ma famille et mes amis m'aimaient, je les aimas. Mes journées étaient faites de livres, de rêves, de mots, de jeux et d'amour.
C'est fini. Je veux revenir.


Now it looks like I have no more real friend. I cannot read, dream, play as much as I want. I'm not allowed to be a child anymore. I have to think about serious things. Money. The future. Working. Studying. Money.
I can't understand this system in wich we live. I can't understand why there is so much cruelty, wars, sadness in...mankind. I cannot say in the world : this world is too beautiful to be cruel and sad. I can't understand why the hell is money so important and almost necessary to live. I can't understand why we're not allowed to dream anymore.

Maintenant, c'est comme si je n'avais plus de réel amis. Je ne peux plus lire, rêver, jouer autant que je le veux. Je n'ai plus le droit d'être une enfant. Je dois penser à des choses sérieuses. L'argent. Le futur. Travailler. Étudier. L'argent.
Je n'arrive pas à comprendre le système dans lequel on vit. Je n'arrive pas à comprendre pourquoi tant de cruauté, de guerres, de tristesse en l'humanité. Je ne peux pas dire en ce monde : ce monde est trop beau pour être cruel et triste. Je ne comprend pas pourquoi l'argent est si important, et pourquoi il est (quasi) impossible de vivre sans. Je ne comprend pas pourquoi nous ne sommes dorénavant plus autorisés à rêver.


I doubt about everything except God and my love.

Je doute de tout, sauf de Dieu et de mon amour.





I'm tired of crying mankind, and even more tired of crying for myself.
I am going to sleep. This way I am allowed to dream again...

Je suis fatiguée de pleurer pour l'humanité, et encore plus de pleurer pour moi.
Je vais dormir, ainsi je serais autorisé à rêver...



PS
Sorry for the bad english. I'm french and did my best. I love english.
Pardon pour la traduction française. Quand je pense en anglais, ça sonne français dans la version anglaise, mais pas dans la version française qui est bien moche. Je vais la réécrire en pensant français cette fois...