samedi 31 octobre 2015

Le grand paradoxe

On reproche souvent aux religions d'être ethnocentrique. L'Homme au dessus de tout le reste.

Et pourtant, ceux-là même qui font ce reproche, ne sont-ce pas ceux qui, refusant le divin supérieur à l'Homme, ne prennent comme vérité que ce qui vient de ce dernier ?

Mélancolie, puis l'étincelle



D'abord le monde selon Garp.
Maintenant cette femme.

Deux chocs en une semaine. Vous pensez à une coïncidence ?



Le miracle est partout.

jeudi 29 octobre 2015

Koin

* Avertissement : cet article est à la destination des k-narophones. Si vous ne l'êtes pas, cela est succeptible de ne pas vous intéresser. Vous pouvez donc retourner siroter un lait à la vanille, ; je ne vous jugerai pas. (Ou un peu, quand même)*


Comme vous ne le savez sans doute pas, je suis k-narophone. Peut-être est-ce votre k également. Cependant, je n'avais jamais rencontré de gens comme moi jusqu'à lui.
Voici son blog, tout frais (comme votre sang) (parenthèses) tout nouveau.

Amusez-vous bien.

KOIN

Le Jourdain

Au bout d'une longue route perdue dans le désert, nous voici devant un portail, ouvert. Nous le franchissons. À gauche comme à droite, de hauts grillages arborent des panneaux d'un jaune vif qui nous avertissent : si vous marchez au-delà, vous sautez.
Un bus rose circule entre deux champs de mines.


Le chemin de terre et les champs de mine touchent à leur fin. Là nous accueillent une barrière et quelques militaires. Le bus semble inoffensif au contrôle : nous passons.


C'est avec solennité que je m'approche de ce filet d'eau brunâtre qu'est devenu le Jourdain. Je vais réitérer mon baptême dans la rivière même où le Christ s'est plongé, baptisé par Jean-Baptiste. Rivière bien affaiblie aujourd'hui.


Dans mon dos, les soldats israéliens, juifs, armes au poings, surveillent étroitement. Face à moi, les soldats jordaniens, musulmans, en font tout autant. Nous les saluons de la main, ils sourient à peine.
Et au milieu de tout ça, nous sommes là, chrétiens, français, exultant de joie. La tristesse reste sous la surface.





Le Jourdain, lieu-archétype de ce stupide conflit israelo-palestinien.

Du coeur à la main, passant par le cerveau

Hier matin je suis allée faire une prise de sang.


Ce n'était pas la première fois que j'en faisais une, mais la dernière fois remontait à si loin que cette fois-ci avait le goût de la nouveauté. Une pointe d'anxiété toquait contre mon coeur si bien que je n'osai pas regarder l'aiguille enfoncée dans la veine au creux de mon coude, perçant ma peau lisse et diaphane.

En revanche, j'ai vu ces flacons emplis de mon sang que l'infirmière remplissait puis rangeait dans une petite boîte. Du sang d'un rouge foncé mais vif. Je me suis fait la réflexion que c'était étrange de voir mon sang ailleurs que dans mon propre organisme. Après tout, c'est inhabituel.
(Sauf quand j'ai mes règles ; mais je ne met pas ça en flacon.)

J'avais un peu mal au coude, au niveau de la piqûre, mais rien d'insoutenable. Mes oreilles ont sifflé, mais un verre d'eau plus tard tout allait mieux. Je me suis ébahie devant la capacité de mon corps à se remettre si bien d'un pompage de sang.

Et puis quand je suis rentrée, un pansement au creux du bras, je pensais à toutes les petites plaquettes de mon sang qui venait s'agglutiner autour de l'orifice créé par la piqûre pour combler celui-ci. Je pensais à ce sang si rouge qui coulait jusqu'au bout de mes doigts pour leur donner cette couleur vivante et leur permettre de se mouvoir.

Ça m'a ému.




Et puis du coup, ça m'a fait penser à ce dessin-animé de mon enfance, "Il était une fois la vie", et je me suis dit qu'on devrait montrer le passage de l'assemblage de l'ADN à tous les 1e S. Ça aiderait à comprendre les nucléotides.
Tu te rends compte qu'un gamin de 10 ans est capable de comprendre la base des nucléotides grâce à ce dessin-animé ? Ils ont fait fort, quand même.

C'est formidable.




Et puis cette nuit, j'ai rêvé qu'un groupe d'enfant duquel je faisais partie se faisait "kidnapper" par des espèces de "méchants". Bien entendu j'ai essayé de m'échapper. On allait au désert, dans des lagons, pour finir par échouer dans une base militaire (oui parce que j'ai finalement pas réussi à fuir). Et là, alors que je me débattais, je les entendais discuter entre eux, les "kidnappeurs" (Dieu que ce mot est laid). Ils parlaient de moi. Ils disaient que vu comme c'était parti, j'étais bien partie pour finir par faire partie de leur organisation, être une des leurs...
Je ne sais qu'en penser.





J'espère que vous allez bien et que les petites plaquettes dans votre sang sont en aussi bonne forme que les mienne ! Aimez votre corps, sans lui vous ne seriez pas vivant. Prenez soin de lui. J'espère que vous êtes tous en bonne santé.

lundi 26 octobre 2015

Abécédaire de l'art en vérité

Miyazaki - Nightwish - Omnia - Lou - Keny Arkana - Amélie Poulain - Into The Wild - Boris Vian - Xavier Rudd - Orphaned Land - Le monde selon Garp - Chardon écureuil reptiles et insectes -Le voyageur contemplant une mer de nuage - Eluard - Solange

Comment ça c'est pas un abécédaire ?

La Vérité

Tout est parti d'ici.




Dont give me love
Don't give me faith
Wisdom nor pride
Give innocence instead

Don't give me love
I've had my share
Beauty nor rest
Give me truth instead



En réalité, tout a fini là. Et commencé.
Faire un plan pour cet article va être atrocement dur, tu sais. Tout est imbriqué.


J'ai toujours adoré cette chanson. Et pourtant, ses paroles sonnaient étrange à mes oreilles. D'un côté, je les trouvais belles et vraies. De l'autre, dérangeantes.
Pourquoi rejeter l'amour, la foi, la fierté, la beauté, la sagesse au profit de l'innocence et la vérité ?


Platon, il disait : Beau = Vrai = Bien. J'approuve.

Et ma professeure de philosophie faisait remarquer que sincère et vrai ne sont pas synonymes malgré les apparences. Ce qui est difficile à comprendre.



Ici, je vais parler de Vrai dans l'Art, dans la Poésie, et dans la Vie.

N'as-tu jamais remarqué que, quand une œuvre te touche, au plus profond, te parle dans ton entièreté, tu ressens une impression de vérité ? Quand tu t'identifies à un personnage et que tu lis une phrase immensément belle et qui te touche, ne te diras-tu pas : "c'est vrai" ? Lorsqu'un courant de pensée ou un événement ou une personne ou que sais-je te semble l'évidence même et encore plus évident que cela, te semble totalement nécessaire, ne penseras tu pas : "cela est vrai" ?

Prenons un exemple.
Hier, sur Arte, passait le film "Le monde selon Garp" (avec Glenn Close et Robin Williams). Et tu vois, ce film est totalement absurde et surréaliste. Il ne véhicule AUCUN message. Aucun. Tu n'as pas à être d'accord ou non, juste à absorber le film et soit ça te touche et te transforme, soit ça ne te fait rien.
Ce film m'a touchée. Beaucoup. Et tout du long, je me disais : "c'est tellement vrai". Et pourtant, il n'y avait aucun message auquel donner crédibilité ou vérité. Et pourtant c'est une fiction, du jeu d'acteur. Mais j'ai ressenti au plus profond de moi cette abstraction qu'est la vérité.

C'est ça, les œuvres de génie. Toutes les œuvres sont sincères. Il faut trouver celles qui sont vraies, qui expriment la vérité. Le bon artiste est celui qui arrive à dépasser le "faux" inhérent à l'art pour le sublimer en quelque chose qui est plus vrai que le réel même.
Moi, mon truc, c'est la poésie de l'absurde. C'est là que je trouve le plus de vérité - justement parce que tu n'as rien à approuver, ça ne cherche pas à te convaincre, juste à être, et c'est, et c'est vrai.
Mais toi, peut-être que la vérité, tu la décèle dans de la fantasy, dans Virginia Woolf ou le rap. J'allais dire "c'est comme tu veux", mais non : tu ne le choisis pas, tu le sens, tu le sais, tu le comprends, tu l'apprends. Mais tu ne le choisis pas.



Revenons à la chanson. En repensant à cette vérité dans l'art, ça m'y a refait penser, cette chanson hymne de l'innocence et la vérité.
Parce que si tu as la vérité, tu as le reste aussi. L'amour, la fierté, la sagesse, la beauté.
Une oeuvre d'art vraie n'est pas vraie à partir de rien, elle est vraie par tout ça.
Et si tu réfléchis bien : qui réussis à atteindre l'amour et la sagesse en recherchant l'amour et la sagesse ? Et qui parviens à les atteindre en recherchant la vérité et l'innocence ?
Si tu fais la course à l'amour, il te filera toujours entre les doigts. Si tu veux à tout prix la sagesse, la vanité est à ta porte et elle s'éloignera à chaque pas un peu plus.
Mais si tu es en Vérité avec toi-même, avec les autres, avec le monde... N'est-ce pas cela, aimer et être sage ?

Ce "don't give me" n'est pas une exclusion, ce "give me" n'est pas fermé. Cela signifie seulement qu'il est vain de rechercher chaque chose isolément sous peine de ne rien trouver et se perdre. Mais cherche la vérité et tu trouveras tout cela.


Quand Jésus enseignait, n'employait-il pas de manière récurrente la formule "en vérité je vous le dis" ? Rien de ce qu'il enseigne ne peut-être suivi sans vérité. L'amour sans vérité n'a aucune valeur. En fait, ça n'est pas de l'amour.
Oui, je pose la Vérité comme condition à l'amour. L'amour est vrai en tous cas et c'est peut-être ce qui le rend si beau.


Et Platon disait Vrai = Beau = Bien. J'approuve.








C'est effectivement le bazar.

Tu me dirais ce que tu en penses ?

dimanche 4 octobre 2015

Marche au désert

Je me souviens très exactement du jour où j'ai commencé à croire en Dieu.
Ou du moins, celui que je considère comme le premier jour où j'ai cru en Dieu.


Je marchais dans la rue, sous le soleil, une guitare sur le dos. Il faisait beau et je revenais de mon cours de guitare. J'avais 14 ans et j'étais malheureuse.

Quel était le sens de ma vie ? À quoi bon mon existence, si Dieu n'existe pas. Si il n'y a pas une raison pour qu'il y ait la vie plutôt que rien, l'amour plutôt que la haine. Pourquoi continuer à vivre ? Par habitude ? L'idée que le monde dans lequel je vis soit contingent m'est détestable.

Il faut qu'il y ait Dieu. Parce que sans Dieu, il n'y a pas de raison à tout cela, pas de raison à la vie et l'amour et mon existence et l'existence de qui que ce soit. Seule l'existence de Dieu justifierait la nécessité de chaque vie, de chaque chose.


Alors je me suis faite petite Pascal. J'ai réfléchi. Je me suis dit que de toute façon, je ne pouvais pas savoir si Dieu existe ou non. Personne ne le peut. On ne peut que le croire. Avoir la foi.
Et rester dans le flou, dans cette ignorance et non-croyance m'angoissait. Il fallait que je prenne position pour agir en fonction. Et je me suis dit : puisqu'on ne sait pas si Dieu existe, autant croire à ce qu'on estime être pour le mieux. Pour soi et pour autrui.
J'ai estimé.


Depuis je ne me sens plus jamais seule, et j'ai la foi en mon Dieu qui m'aime plus que je ne serai jamais capable d'aimer. Et cette foi ne cesse de grandir, partant d'un désespoir du vide à une présence que je ressens toujours plus.

Seigneur, aide-moi à avoir la foi chaque jour plus que la veille.





Je veux bien beaucoup que tu partages avec moi ta conversion, la raison pour laquelle tu crois ou ne crois pas, le jour où c'est arrivé ou si ça a toujours été comme ça. Si tu l'accepte. Ça m'intéresse.

vendredi 2 octobre 2015

La gravité

J'étais à Paris.


Dans le métro.

Je m’assois sur un banc, un sandwich-éponge à la main. Petit encas entre une expo avec un ami et le départ du train. Je regarde les métros défiler. Les gens passer.

Ils ont le regard vide. Ils pressent le pas. Ils ne se voient pas, ne s'écoutent pas ; sont seuls. Du gris dans le gris.
À côté de moi il y a le marron chaud de mon ami et de ma maman. Je les aime.

Un autre métro passe. J'observe.
Je suis observée.
Et soudain le monde zoome et se concentre en une étincelle, un laser entre deux yeux.
Mes yeux ne quittent pas les siens.
Ils me sourient. Il me sourit. Nous nous sourions.
Il est beau.

Le métro part.
Je le suis du regard.
Et il se retourne.



Ça fait 7 mois, je ne le connaissais pas et je suis incapable d'oublier son regard.
De la vie dans le métro.