mercredi 21 décembre 2016

Prendre parti

Chaque jour les médias nous rapportent des nouvelles des conflits au loin ou de la courbe du chômage. Nouvelles biaisées, nouvelles faussées, nouvelles cachées. Et nous, petits civils pions de ce grand jeu (géo)politique, on les lit, les écoute, les regarde. On choisit quel média nous paraît le plus juste, quel point de vue on choisit d'écouter ; ou alors on se contente du journal de 20h ou même de vagues échos sur les réseaux sociaux, selon chacun.

Et après ça les petits rouages de notre cerveau s'associent les uns aux autres et en nous se forme une opinion. Nous sommes Charlie : après tout on devrait bien pouvoir dire ce que l'on veut. Les russes, quelles horribles choses ils font en Syrie ! Mais quel idiot peut donc bien voter pour Trump ?

On prend parti. Tout le monde prend parti. Sur ce qui nous concerne ou pas, sur quelque chose sur laquelle on peut avoir une influence ou pas, sur des concepts ou des actes ou même des êtres humains. On prend parti sur le sort de nos semblables. Parce que oui, même le réfugié arabe, c'est ton semblable.


Je vais te poser une question simple.
Pourquoi ?


Est ce que tu t'es assez renseigné pour être apte à juger de manière raisonnable ? Est ce que tu te bases sur des informations véridiques et fiables ? Est ce que cette opinion ainsi formée aura une influence sur tes actes et sur le monde ?


Je vais te dire : si la réponse à ces questions est non, j'estime qu'on n'a pas à prendre parti. Qu'on n'a pas à réagir à chaud parce que voyons, il faut bien penser quelque chose de l'actualité. Qu'on devrait admettre qu'on n'a parfois pas assez de compétence pour être apte à décider ce qui est le mieux.

Je me souviens, lors du référendum en Écosse pour décider s'ils étaient in ou out du Royaume-Uni. J'étais en cours d'anglais européen, ce cours qui doit te faire pratiquer la langue tout en t'ouvrant à des problématiques liées à l'Union Européenne. Le professeur me pointe du doigt, m'interroge, me demande : et moi, qu'en pensai-je ? Que devraient voter les écossais ? Je lui répond que je n'en sais rien. Après tout : je ne m'intéresse pas particulièrement à cette question qui ne me semble avoir que peu d'impact sur mon quotidien, par conséquent je me suis peu informée sur le sujet et n'ai pas pris plus d'une quinzaine de minutes pour y réfléchir ; et puis, qui suis-je pour décider de ce que les écossais devraient faire ? Ne peuvent-ils pas décider pour eux même ? Le meilleur choix n'est-il pas celui voulu par le peuple ?

Le conflit en Syrie, ça me préoccupe, lorsque j'ai assez de force pour ne pas m'écrouler en pleurant, parfois je lis des articles, des témoignages. Et même les témoignages venant de personnes sur place sont contradictoires car ils proviennent de personnes qui font partie d'un camp et prennent parti contre l'autre.
Moi je ne veux pas prendre parti. Je ne sais pas quelle est la meilleure solution ou plutôt devrais-je dire la moins pire. Je ne veux pas voir les méchants d'un côté et les gentils de l'autre. Et surtout je n'en ai pas besoin. D'une part parce que je n'agis en rien par rapport en conflit, d'autre part parce que même si je le faisais, il y a des associations humanitaires qui justement ne sont pas censées prendre parti.
Je ne vois pas des forces opposées dans un conflit géopolitiques dans lequel il faudrait choisir une de ces forces.
JE VOIS DES HOMMES QUI MEURENT ET FUIENT LEURS PAYS, ET J'EN VOIS D'AUTRES SE RÉJOUIR DE BOMBARDEMENTS ET D'OPÉRATIONS ARMÉES, PARCE QU'ILS PRENNENT PARTI.

Par pitié : si tu n'as pas besoin d'une opinion pour t'engager dans une quelconque cause, ou que tu n'es pas apte à juger. Cesse de prendre parti. Surtout quand ça transforme des vies humaines en pions dans un jeu (géo)politiques.

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